La Réunion invente la première ville durable tropicale.

Le groupe CBO Territoria construit sur 78 hectares de le localités aux portes de Saint-Denis.

Petit bout de France à 9000 kilomètres de la métropole, la Réunion compte 830 000 habitants. Et devrait en avoir 1 million en 2030. D’où de forts besoins en logements dans un territoire accidenté de 2550 km qui n’est qu’en partie exploitable par l’homme. Le groupe CBO Territoria, qui possède d’importantes réserves foncières de 3 200 hectares sur l’île grâce à l’apport d’une partie du foncier de l’ancien groupe sucrier Bourbon, fait aujourd’hui le pari de construire Beauséjour, une ville entière en surplomb de la capitale économique, Saint- Denis, face à l’océan. Et une ville éco durable.

 » Nous sommes allés dès 2007 à Fribourg et cela nous a fait prendre conscience de l’enjeu du développement durable dans le domaine de l’aménagement », explique Éric Wuillai, le PDG de CBO Territoria.  »

Sur un site de 78 hectares, 2 000 logements doivent voir le jour (dont 800 sociaux), de petits bâtiments et des maisons pour l’essentiel. Un parc de 8 hectares, le siège de la Caisse d’allocations familiales, des équipements scolaires et 20 000 m² de commerces et services animeront le site. Un projet ambitieux qui représente 500 millions d’euros d’investissements d’ici à 2020. Objectif : bâtir un nouveau cadre de vie pour 8 000 habitants, à terme, et devenir un pôle d’attraction pour 11 000 personnes des quartiers avoisinants.

Climatisation inutile 

Bassins d’orages pour retenir les eaux de pluie, varangues, aérations naturelles, traitement des déchets, plantes autochtones, transport, tout a été pensé pour réduire la consommation énergétique et passer directement des champs de cannes à sucre d’aujourd’hui à une ville propre. Clin d’œil : les acheteurs de logements recevront des vélos électriques.
« Les contraintes ne sont pas les mêmes dans un climat tropical. Nous inventons de nouvelles manières de réaliser de l’architecture durable et prouvons qu’il est possible de se passer de climatisation », explique Antoine Perrau, architecte d’un des programmes immobiliers.

Le groupe, dont Jacques de Chateauvieux (groupe Bourbon) est l’actionnaire de référence avec 20% du capital, est coté sur Alternext et envisage de passer sur Euronext d’ici à un an. Dans cette opération, il est à la fois aménageur et promoteur sur ses propres terrains. Il conserve une partie des immeubles, qu’il louera comme une foncière et commercialise autres auprès d’investisseurs et d’accédants à la propriété à 3100 euros le mètre carré en moyenne.

« Nous concevons d’abord un produit immobilier avant de faire de la défiscalisation. Nous proposons des surfaces suffisantes pour répondre à la demande », assure Jean Jacques Ballester, le directeur général adjoint. A flanc de colline, les premiers bâtiments sont construits, des métropolitains ont déjà acheté certains appartements réduisant du même coup leur impôt dans le cadre de la défiscalisation. Les conditions fiscales seront durcies l’an prochain, mais CBO Territoria veut maintenir le cap.

Carole Papazian envoyée spéciale à la Réunion

Source : Le Figaro

Voir l’article